Nous sommes partis pour une quinzaine de jours au Mali, avec un premier volet d’une semaine de Formation à Bamako, puis
une autre semaine à Teriya Bugu.
Le dimanche 14 décembre le vol AF796 s’est posé à l’aéroport de
Bamako-Sénou ; à son bord Françoise Boisvert, Claude Richard et moi-même ainsi quelques 300 Kg de matériels gracieusement octroyés par notre Compagnie Nationale. Nous avons amené
essentiellement, des livres et des fournitures pour les participants et pour les gens de Teriya Bougou.
Dès le lendemain nos étions en formations auprès des élèves de l’Ecole
Nationale des Ingénieurs (E.N.I.).
Surprise le matin en arrivant. Au lieu de la centaine de participants que nous attendions, nous n’en avons eu qu’une quinzaine, les élèves de l’ENI de Bamako.
Entre le moment où nous avions réservé nos billets d’avion (pour trois d’entre nous) et le début de la
formation, une réforme était intervenue au niveau du Ministère au Mali. Tout le volet formation qui était regroupé à Bamako pour l’ensemble des
régions avait été remplacé par une formation décentralisée auprès de chaque Académie.
M. Simbara, directeur National de l’Enseignement Technique, nous avait informé il y a quelques mois des modifications
qui devaient intervenir au sein de son Ministère. Cette réforme devait avoir lieu tout début 2008 mais elle avait pris un peu de retard, et n’a été
rendue effective qu’en Novembre 2008, juste avant notre arrivée.
De ce fait, la formation que nous avions prévue pour une petite centaine de personnes n’a eu lieu que pour une quinzaine de personnes : les élèves de l’E.N.I de Bamako.
Un peu déçus au départ par ce changement d’effectif, et ces modifications de dernière minute, nous avons transformé
cette situation à notre avantage pour faire bénéficier aux futurs professeurs de véritables cours particuliers.
Nous avions amené tout un panel de cours allant de la comptabilité, la paye, la gestion commerciale, à des
formations plus généralistes sur Excel et Word. A la demande générale, nous avons passé une semaine sur Excel, allant des fonctions les plus simples les premiers jours aux plus compliquées
puisque nous avons terminé par les Tableaux Croisés Dynamiques. En petit effectif avec trois formateurs de qualité, nous avons pu avancer à grands pas, et les participants ont pu en tirer un grand profit.
Le Directeur de l’E.N.I. est venu à la clôture le vendredi après-midi, il avait convoqué l’ensemble de son équipe (à qui
il a refusé tout absentéisme même pour cause de Mosquée), pour d’une part nous remercier, mais aussi pour nous proposer qu’un module de notre formation soit intégré comme Unité de Valeurs au sein
de l’E.N.I.
Il conviendra d’examiner cette proposition en CA pour leur donner une réponse.
Claude est rentré le lendemain, samedi 20 décembre sur Paris, devant passer les fêtes en famille à Vesoul…
Avec Françoise, nous avons pu organiser notre départ pour Teriya Bugu seulement le mardi, car le nouveau Directeur, Jean
Christophe Bois, n’avait pas pu mettre un véhicule à notre disposition avant cette date. Il faut reconnaître que se déplacer est un véritable problème ; il y a bien les autobus locaux, mais
ce sont de véritables bombes roulantes, vu le nombre de carcasses que l’on voit sur le bord des routes. Lors de l’un de nos nombreux voyages nous avons pu constater, pour les avoir utilisés, que
le bus sont plus rapides que les voitures, c’est dire leur vitesse de croisière…( d’autant plus qu’ils s’arrêtent souvent à chaque ville ou village).
Nous nous sommes dit avec Françoise qu’il faudra bien finir un jour par
descendre en voiture à Bamako par la route pour y déposer un véhicule qui nous servirait lors de nos
missions.
En attendant notre départ pour Teriya Bugu, nous avons profité du week-end
pour reprendre contact avec nos correspondants Bamakois, Abdéraman Touré et Cheik Abdoulaye Cissé, respectivement membre de Comptabilité sans Frontières Mali et Vice-président du Conseil
Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables du Mali.
Notre ami Moussa était à l’époque en mission en Afrique de l’Ouest pour un colloque (politique oblige). Je l’ai tout de même rencontré avant mon départ ; les élections municipales approchent et il se
présente comme tête de liste sur le quartier de l’ACII 2000 (l’un des nouveaux quartiers de Bamako).
Nous avons aussi profité de ce temps Bamakois pour rencontrer un Volontaire du Progrès (V.P.) qui travaille pour le
MOBIOM (MOuvement BIOlogique Malien). Les objectifs principaux de cette ONG sont d’une part de contribuer à un développement durable de l’agriculture
biologique au Mali mais aussi de promouvoir les produits biologiques à l’échelle nationale et internationale en créant des marchés pour le coton biologique mais aussi ses produits de rotation
(sésame, karité, arachides, mangues….). Cette initiative est soutenue essentiellement par Helvetas Mali, qui est une ONG Suisse de coopération internationale.
J’étais rentré en contact avec ce V.P. avant notre départ, et il nous avait connus par le biais de Teriya Bugu :
intéressé par le travail que nous avions fourni sur la région de Ségou, il souhaitait avoir un soutien logistique de notre part dans le domaine de la gestion et de la comptabilité. Avec un budget
d’un peu plus d’un million d’euros (700 millions de FCFA), et près d’une quarantaine de salariés, il nous a indiqué que le service comptable était un
peu débordé car tout se fait actuellement avec Excel. Le MOBIOM est basé à Bougouni, à deux heures de route de Bamako ; nous souhaitions avec
Françoise faire une visite sur place pour une prise de contacts avec la réalité du terrain mais cette rencontre n’a pas pu avoir lieu cette fois-ci
car le directeur de MOBION n’a pas pu dégager un créneau horaire pour nous recevoir et nous faire
visiter leurs infrastructures. Nous proposons donc de prendre contact avec Helvetas en France pour étudier leur demande et voir comment nous pourrions leur apporter une aide.
Nous sommes donc partis le mardi matin pour Teriya Bugu avec
Jean-Christophe, nouveau Directeur de l’AEDER (structure associative gérant Teriya Bugu). Arrivés dans la soirée, nous avons été accueillis dans une ambiance festive car l’hôtel fêtait le
Réveillon de Noël un jour avant l’heure.
Nous sommes restés quatre jours pleins à Teriya Bugu. Le 25 décembre étant férié, nous avons profité de cette journée
pour visiter l’ensemble de nos microprojets dans la région : « femmes de Daga », « Apiculteurs », « Maraîchages », « Projet Avicole ».
Les « femmes de
Daga » :
Elles ont entièrement remboursé leur prêt et nous ont demandé un financement pour une pompe à pied : pour un montant d’environ cent euros, l’accord a été immédiatement donné et l’avance a
été faite immédiatement par Françoise.
Elles ont besoin d’être soutenus dans leur projet et d’être mieux accompagnées surtout au niveau des informations qui
peuvent leurs êtres données pour optimiser leur investissement.
Elles sont très impliquées mais nous avons pu comprendre qu’elles étaient un peu « seules » dans leur projet
et étaient demandeuses d’accompagnement et de conseils.
Les projets
apicoles :
Pour les différents projets apicoles (il y en avait quatre initialement), si certains n’ont pas entièrement remboursés,
d’autres ont trop remboursé. Le premier objectif qui consistait à permettre aux apiculteurs de s’équiper convenablement pour pouvoir optimiser leurs récoltes a été atteint.
Le deuxième objectif qui est celui de permettre aux apiculteurs d’augmenter leurs ventes de miel et donc leurs revenus,
n’est lui pas atteint à ce jour et ils s’en plaignent. En effet, le miel produit ne trouve pas assez de débouchés et leurs revenus stagnent.
Il faut rappeler qu’à l’heure actuelle le point de vente principal pour le miel est Teriya Bugu. Au-delà, le circuit de
commercialisation est quasi inexistant localement : les ventes dans les magasins de Bamako tels que Azar ont été interrompues et d’autres marchés n’ont pas été trouvés .
L’exportation vers la France s’avère difficile car le miel étant considéré comme un résidu animal (au même titre que la
viande), on ne peut pas l’importer facilement, en tout cas vers l’Europe.
Le volet « produits dérivés du miel » pourrait aussi être développé et il faudrait voir comment cela serait
possible et quelle formes cela devraient et pourraient prendre localement.
Yamoussa DIARRA le responsable du miel à Teriya Bugu travaille déjà sur ces débouchés nouveaux avec Christophe Bois mais
il faudrait faire plus car sinon
la surproduction sera perdue.
Projets de
maraichage
Sur les quatre projets de « maraîchage », trois fonctionnent correctement, c'est-à-dire que les financements octroyés ont bien été utilisés pour la clôture du carré de maraîchage et que les plantations ont démarré.
Pour un seul des projets, si la clôture a été construite, aucune plantation n’a pu être réalisée. Motif : inconnu
(de nous).
Nous avions financé une formation pour les femmes qui travaillent dans le cadre de ces projets. Il semblerait qu’elle
n’a pas été accessible à toutes. Il s’avère pourtant qu’il serait profitable à toutes d’avoir un suivi par un agronome local (celui qui a fait la formation venait de Ségou) qui les appuierait et
les conseillerait dans leur démarche et leurs pratiques.
Il serait notamment, nous semble-t-il, utile de travailler avec les femmes
sur les points suivants : la diversification des plantations (elles font beaucoup d’oignons et pas assez de cultures vivrières), sur la gestion de l’eau, sur la commercialisation de leurs
produits.
Projets
avicoles :
Concernant le projet avicole, celui-ci a bien démarré, une somme de 370 000 FCFA a été utilisée pour la
« construction » du poulailler et l’achat des premiers poussins. Il y a actuellement 50 poules pondeuses « en activité
«
Il y a un début de demande pour un nouveau micro crédit mais avant de répondre par l’affirmative il me semble qu’il faut prendre le temps de redéfinir les objectifs et de faire un prévisionnel qui prendraient correctement en compte les besoins locaux et les
possibilités de commercialisation possibles localement : pour « l’hôtel », pour le marché local, pour les employés….
Projet
Kassine :
Nous avons réuni les responsables des projets de maraîchage pour leur présenter la « Kassine » qui est un matériel agricole très simple à traction asine (par des ânes). C’est un outil inventé par un français qui a créé une
association Française dont l’objectif est la promotion de la tractation animale.
Nous avons travaillé avec eux toute une matinée, une vingtaine de personnes sont venues des différents villages
avoisinant. Nous avons d’abord projeté le film sur l’utilisation de la Kassine, puis nous avons eu un temps d’échange pendant lequel les questions ont pu être posées. Tout cela a été rendu
possible grâce à Yamoussa DIARRA qui a servi d’interprète au cours de toute la journée.
Un projet de fabrication de cet appareil agricole existe déjà au Burkina Fasso, et nous avons proposé aux participants
de se constituer en groupement afin de désigner un bénévole qui irait en mission au Burkina Fasso voir ce projet, se former et ainsi pouvoir former
ceux qui sont intéressés à Teriya Bougu.
Là, comme dans les autres projets le suivi est important et il
conviendrait de réfléchir à la meilleure façon de l’assurer tout au cours de l’année et non seulement quand nous venons car cela ne suffit pas…
Comptabilité de Teriya
Bougu
Nous avons travaillé avec le service comptabilité pour une remise à niveau de la paye (suite aux modifications fiscales
intervenues en 2008). Un travail de fond a été entrepris par Françoise pour reprendre la totalité de la paye. Les difficultés portent essentiellement sur la retenue à la source de l’impôt sur le
revenu, qui comme dans notre système fiscal tient compte des charges de la famille et d’un revenu disponible annuel. Le paramétrage des cellules devient complexe à ce niveau.
Pendant que Françoise se penchait sur la paye, j’ai pu analyser la filière « client vente » qui présentait
certaines anomalies. Nous avons eues plusieurs réunions avec le personnel en charge directe des clients. Un mémo qui n’a pas sa place ici sera
transmis aux intéressés.
Sur la comptabilité de Teriya Bugu, nous n’avons pas pu réellement avancer, l’ordinateur étant monopolisé par la paye
cette fois-ci. Il conviendrait toutefois de prévoir un temps plus long lors d’une prochaine mission, pour peut-être auditer les comptes et aider à la mise en place d’un livre de procédure qui
fait cruellement défaut. Mais ce genre de décision doit être pris au niveau des Amis du Père Vespieren en accord avec notre association.
Nous sommes revenus de cette mission avec beaucoup d’idées et de « matériel » pour alimenter nos réflexions
mutuelles et collectives au sein de l’association.
Concernant le Mali je pense qu’il serait intéressant de voir s’il serait possible de financer quelques heures locales
pour le suivi des projets et des contacts que nous avons là-bas au nom de l’association.
Nous en avons parlé avec madame Fanta Bâ qui nous aide régulièrement dans l’organisation de nos séjours au Mali, qui
maintenant connaît bien ECSF, ses membres et son fonctionnement et qui pourrait être notre « permanente » locale.
Acceptez ces quelques idées comme nos cadeaux pour la nouvelle année.
Meilleurs vœux à tous pour 2009 .
A BIENTOT
DB
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