
NIGER 2007 – Mission exploratoire (02 au 10 février 2007)
Philippe DURANTHON
Jean-Claude FRASNETTI
Phase avant-mission
A l’initiative de Moussa MARA des contacts ont été établis avec un confrère nigérien Nouhou TARI.
Ce confrère avait été vu par Philippe sur le stand ECSF du Congrès de Paris en 2005.
Nouhou TARI, suivant les recommandations de Moussa, a préparé notre arrivée et notre séjour en planifiant plusieurs réunions avec les points d’entrée principaux pour des interventions futures (voir planning joint).
Déroulement de la mission
Celle-ci a commencé le vendredi 2 février lorsque nous avons été accueilli par Nouhou TARI à l’aéroport de NIAMEY en fin d’après midi.
Il nous a installé au Grand Hôtel où Moussa MARA est venu nous rejoindre dans la soirée.
Réunion préparatoire (samedi 03/02/07)
Etat des lieux de la situation de l’enseignement de la comptabilité ;
Le NIGER se caractérise par un enseignement technique public limité, tant au niveau des populations concernées, que des moyens consacrés à cet enseignement.
Avant le BAC (CAP,BEP,BAC…)
Formations assurées par le secteur public mais décentralisés à MARADI (700 km de NIAMEY exclusivement par la route au sein du seul et unique Lycée technique public du pays. Donc sur NIAMEY cet enseignement de base est confié aux établissements privés ou confessionnelles.
Après le BAC (BTS, …)
Enseignement exclusivement privé par des écoles de création récentes, agréées mais non contrôlées, tant au niveau des programmes, des compétences des enseignants et des conditions d’accueil des étudiants.
L’Université pour sa part assure un enseignement de gestion à travers les LMD économie gestion.
Rencontre Ministre de la Formation Professionnelle et Technique (05/02/07)
Abdou DAOUDA
Tidjani Harouna DEMBO
Moussa NOMAOU Inspecteur
Nouhou TARI
Moussa MARA
Accueil favorable avec accord sur le principe d’une collaboration et de la signature d’une convention.
Intérêt pour la création d’une association style ECSF Niger mais sans oublier l’intégration du secteur privé prépondérant dans l’enseignement comptable.
Suggestion affirmée d’une visite du Ministère de l’enseignement supérieur.
Rencontre Bureau de l’ONECCA (Ordre EC et CA) (05/02/07)
Hadi GONI BOULAMA Président
Victor AKESSE Trésorier et Directeur de l’ESCAE
Nouhou TARI
Moussa MARA
Lieu : Bureau FCA (bureaux de Nouhou TARI)
Accueil favorable de notre démarche.
Prêt à s’investir dans l’association y compris à titre personnel pour le président en cas de désaccord de l’instance.
Confiance totale et délégation à Nouhou TARI.
Réunion représentants des enseignants de la comptabilité (voir feuille de présence) (06/02/07)
Lieu : Bureau FCA
Avis unanime et très enthousiaste pour nos interventions mais aussi et surtout pour participer à la création et à l’animation de l’association relais locale (ECSF NIGER).
Synthèses des interventions
- Confirmation des besoins tant en mise à niveau des enseignants de base (passage OCAM/SYSCOHADA) qu’en supports pédagogiques.
- Formation au SYSCOHADA inexistante ou par démarche individuelle des enseignants.Enseignement reposant sur une transcription du plan de compte mais sans modification des principes
- L’enseignement de base du Plan OCAM ou du PCG perdure. Aux examens les élèves sont invités à transposer les numéros de compte.
- Proposition de l’utilisation des messageries et création d’un Forum ouvert à tous les enseignants et élèves et plus largement à l’ensemble de la profession comptable.
- Affirmation de l’intérêt de l’association pour rapprocher d’une part, les enseignants entre eux et, d’autre part, les enseignants et les professionnels.
- Problème de l’absence d’une doctrine fiscale unique et interrogation permanente des enseignants sur les traitements fiscaux. Exemple : droits d’enregistrement.
Ouvrages disponibles ivoiriens et sénégalais avec fiscalité différente.
- Absence cruciale d’ouvrages pour les enseignants et a fortiori pour les élèves. Absence de recueil d’annales.
- Pas de bibliothèque technique hormis à l’ESCAE qui dispose d’un premier échantillonnage d’une centaine de titres.
-Nécessité d’une harmonisation des programmes et des enseignements notamment dans le traitement des principales difficultés d’application.
- Equipement informatique quasi-inexistant ou obsolète (Lycée public de MARADI équipé exclusivement de 486 datant de 1996.
Prise de rendez-vous pour visite des principales écoles, deux « publiques», deux privées pour les jours suivants.
Rencontre avec le Doyen de l’Université des sciences économiques et de gestion (06/02/07)
Amadou KAKA
Deux professeurs
Nouhou TARI
Accueil favorable bien que peu concerné.
Mise en évidence de l’opposition entre le Ministère de l’enseignement supérieur et les instances universitaires.
Exemple : création de 3 IUT décentralisées sur des fonds étrangers sans concertation préalable ni sur l’intérêt et le projet pédagogique.
Entretien avec le proviseur du Lycée Technique de MARADI (07/02/2007)
Nouhou TARI
Lieu : Bureau FCA
Le proviseur s’est déplacé spécialement de MARADI à NIAMEY (700 Km) pour nous rencontrer.
Le lycée technique de MARADI demeure le seul établissement public préparant les élèves aux Bacs techniques et notamment à l’équivalent du Bac G2.
Tous les anciens enseignants sont passés par cet établissement.
Les élèves, environ 800, sont généralement internes et boursiers.
La filière comptable, seconde, première, terminale est animée par trois enseignants, deux contractuels et un seul titulaire.
Les rémunérations mensuelles sont de 90 € pour un titulaire et 75 € pour un contractuel.
Les contrats des contractuels sont renouvelables tous les deux ans mais peuvent être rompus à tout moment et sans aucun préavis. C’est se qui se passe régulièrement dès qu’ils trouvent un emploi plus rémunérateur, ce qui perturbe grandement la sérénité et le bon déroulement des cours.
L’équipement du lycée est insuffisant et obsolète. Exemple le matériel informatique est constitué d’ordinateurs 486 provenant d’une donation allemande reçue en 1996.
Dans les autres villes, AGADEZ, ZINDER, …. l’enseignement est assuré exclusivement par le privé. Le proviseur se charge toutefois de les informer de nos projets d’intervention.
Entretien avec l’attaché culturel de l’ambassade de France (07/02/2007)
Denis DECRAENE
Nouhou TARI
Lieu : Grand Hôtel
Nous avons rencontré l’attaché en compagnie de Nouhou TARI et nous lui avons fait part des projets en cours, tant au niveau d’ECSF France qu’à celui de l’association locale.
A priori, intérêt pour ce type d’action avec un appui possible mais limité à des transports et à la diffusion d’ouvrages et de documentation.
Possibilité également d’un hébergement pendant nos interventions.
Visite des centres de formation
Ecoles privées (07/02/2007)
- ISGT WANGARI dirigée par Amina HASSANE Présidente de l’Association des Femmes Chefs d’entreprise
Assure les formations de base
Un étudiant nous a annoncé la création imminente d’une association des étudiants en comptabilité. Nous avons promis de les soutenir et de les revoir à notre prochain passage ;
- ESCAE (Centre INTEC) dirigée par Victor AKESSE Membre de l’Ordre
Assure les formations supérieures et notamment plusieurs DESS
- Passage à l’Ecole des Cadres
Toute nouvelle implantation d’une chaine déjà implantée au TOGO, BENIN et BURKINA
Détail troublant, les diplômes de niveau supérieur sont délivrés par l’Université du Littoral Côte d’Opale de Dunkerque avec laquelle l’école est partenaire
- INET
Ecole existant depuis seulement trois ans et où enseignent des professeurs d’ISSA BERI
Limitation volontaire des effectifs et équipement informatique important
Ecoles publiques ou sous contrat (08/02/2007)
- ENAM Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature
Accession par voie de concours
Intègre une filière comptabilité gestion Bac en 3 ans et BTS en 2 ans
- Lycée Technique ISSA BERI
D’origine confessionnelle (Jean Baptiste de la Salle)
Prépare aux Bac et BTS techniques
Nous n’avons pu que constater la situation décrite lors de la réunion avec les enseignants et notamment la forte présence du privé et une grande hétérogénéité tant des moyens mis à disposition que du contenu des programmes et formation.
Les visites ont été accompagnées de la plupart des enseignants en comptabilité de chaque établissement avec lesquels nous avons pu prolonger nos échanges.
De même nous avons pu perturber les cours en nous invitant dans bon nombre de classes pour échanger avec les étudiants et les élèves.
Entretien avec des auteurs de supports écrits de cours SYSCOHADA (09/02/2007)
Ibrahim BARMOU
Hassane TAHIROU
Lieu : Grand Hôtel
A défaut d’ouvrages (manuels) édités officiellement, certains enseignants ont confectionné des supports de cours (polycopiés) reprenant les principales règles et écritures du plan SYSCOHADA.
Prioritairement destiné à l’auteur-enseignant ces ouvrages ont pu faire l’objet d’une diffusion restreinte. Faute de validation, notamment par rapport aux programmes « généralement admis », ces supports ne peuvent être généralisés en l’état.
Le problème de la mise à disposition des enseignants et des élèves d’un ou plusieurs ouvrages de référence reste entier et prioritaire.
Entretien avec Hassane KANEYE (08/02/2007)
Nouhou TARI
Lieu : Bureau FCA
Membre de l’Ordre, impliqué dans la formation et l’enseignement technique, celui-ci nous a réservé un accueil très favorable et assuré de son soutien tant au sein qu’à l’extérieur de l’instance ordinale.
Visite des responsables de la coopérative des artisans (06 et 09/02/2007)
Mohamed ELH AGACK Président
Secrétaire
Trésorier
Lieu : Musée National du NIGER
Les artisans, au sens africain, c'est-à-dire tous les artistes et leurs employés réalisant des objets proposés prioritairement aux touristes, sont regroupés en plusieurs coopératives elles mêmes réunies dans un GIE.
Les coopératives qui commercialisent les articles produits (cuirs, bijouterie, tissage, sculptures, bronzes) se rémunèrent en ajoutant 10% aux prix fixés par les artisans.
A priori, déjà organisés et structurés, il n’est pas évident que les artisans soient passionnés par notre offre de formation et de collaboration.
En revanche, dans la perspective de la production de produits dérivés ECSF la structure coopérative peut être un gage de fiabilité.
Visite du GAP (Groupement des Aides Privées) (08/02/2007)
Fandou IDRISSA
Nouhou TARI
Lieu : Bureau GAP
Groupement d’une cinquantaine d’ONG intervenant au NIGER et doté d’un CAT (Cellule d’Appui Technique) qui appuie, notamment au plan comptable, l’ensemble des membres du GAP dans la conduite de leurs activités.
Ils sont donc très intéressés par nos projets et particulièrement ceux en direction des ONG. Le principe d’une collaboration a été évoqué favorablement.
Premières conclusions et réflexions
Tout d’abord, une préparation de mission très efficace grâce à nos deux confrères et néanmoins amis Moussa MARA et Nouhou TARI.
Ensuite, une semaine très riche en contacts nombreux et diversifiés et très souvent des intervenants enthousiastes et déterminés.
Une situation, a priori, très critique mais où se profilent de réels atouts à condition que des moyens soient trouvés pour pallier les carences de l’Etat. L’abandon au privé de l’enseignement comptable et l’absence de soutien pour le reliquat public permet de visualiser ce que peut donner la libéralisation et l’abandon d’un service public.
De nombreuses attentes de tous nos interlocuteurs pour un soutien surtout moral et solidaire. Nous avons très vite réglé les espoirs de soutien financier et au contraire offert nos capacités d’écoute et notre disponibilité.
En conclusion, il est fort probable que nous puissions démarrer une action, dès l’automne prochain, ce qui suppose dès à présent de nous organiser pour assumer la préparation et le déplacement qui suivra.
La suite envisagée pourrait être la suivante :
- création rapide de l’association locale avec participation des enseignants, publics et privés, des EC et comptables d’entreprises, des élèves et étudiants
- mise au point et signature d’une convention avec le ministère et l’association
Le conseiller culturel de l’ambassade suggère une double convention Etat/association locale et association locale/ECSF
- dresser un état des lieux du personnel enseignant afin de dénombrer le nombre d’enseignants (50 à 100) et de connaître leur cursus de formation et surtout le niveau enseigné
- établir la liste des zones d’ombre rencontrées dans l’enseignement du SYSCOHADA et s’en inspirer pour constituer la trame des programmes d’échanges.
Première mesure souhaitée : mettre à disposition les anciens exemplaires de la revue de l’OPCA au plus grand nombre pour fournir un premier support documentaire et susciter des vocations pour de nouveaux articles.
Au niveau ECSF : mise à disposition d’outils (plan de comptes, tirette,..) et réflexion sur la création et/ou la diffusion large d’un manuel adapté.
Nous avons suscité des attentes auprès de nos interlocuteurs nigériens, nous devons être à la hauteur.
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